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Corona Virus

Dépistage du coronavirus : de nouveaux tests envisagés



“Testez, testez, testez”. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle désormais tous les pays à accentuer leur stratégie de dépistage afin de venir à bout de la pandémie de Covid-19. “Un test pour chaque cas suspect”, recommande son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Pour répondre à cette injonction, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé samedi 21 mars la mise en place d’un “dépistage massif” qui interviendra “au moment où le confinement sera levé”. Le Conseil scientifique doit se prononcer mardi 24 mars sur les modalités de cette stratégie. Actuellement, les tests réalisés ne sont pas systématiques et nécessitent d’importants moyens matériels et humains. Mais le gouvernement compte sur le développement d’une “nouvelle méthode de diagnostic, plus simple, plus rapide et plus largement diffusable”.

Quels sont les tests de dépistage pratiqués actuellement ?

“120 laboratoires de ville et établissements de santé sont habilités à réaliser les tests de dépistage” a indiqué le directeur général de la santé Jérôme Salomon, dimanche 22 mars. Près de 4 000 tests seraient réalisés chaque jour, selon le ministère de la Santé. Et plus de 60 000 tests auraient déjà été effectués depuis le début de l’épidémie de Covid-19

Il s’agit pour l’instant de tests biologiques PCR (réaction en chaîne par polymérase), effectués à l’hôpital, ou auprès de laboratoires de ville, “uniquement sur prescription médicale“, précise le Dr François Blanchecotte, Président du Syndicat des biologistes. “C’est un test non invasif effectué par prélèvement naso-pharyngé”, rappelle l’expert. Un goupillon (une sorte de long coton-tige) est introduit dans la narine du patient pour prélever des cellules nasales profondes. Cet échantillon est ensuite analysé en laboratoire spécialisé pour rechercher la présence de brins d’ARN appartenant au virus SARS-CoV-2 et confirmer ou non le diagnostic. Seuls les infirmières et les biologistes -qu’ils soient pharmaciens ou médecins- sont habilités à prélever ces échantillons.


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À qui sont réservés les tests PCR ?

À ce stade de l’épidémie, les tests PCR (qu’il soit effectués à l’hôpital ou auprès d’un laboratoire de ville) ne sont pas systématiques. “Nous avons fait le choix de réserver les tests à des publics prioritaires, comme tous nos voisins européens”, a déclaré le ministre de la Santé. Les personnes concernées par les tests de dépistage sont donc les malades aux symptômes sévères qui présentent des difficultés respiratoires ou des maladies chroniques, les personnes âgées symptomatiques, les professionnels de santé symptomatiques, les donneurs d’organes, de cellules ou de tissus et les femmes enceintes. L’objectif du gouvernement est d’éviter la saturation de la filière de dépistage. 

Rappel : il n’est pas question de se rendre directement en laboratoire de ville pour effectuer un test. Par soucis de précaution, “les prélèvements ne sont pas réalisés sur place, mais en ambulatoire”, parfois au domicile des patients. Si, et seulement si, vous bénéficiez d’une prescription, contactez le laboratoire par téléphone pour connaître la marche à suivre.


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De nouveaux tests pour dépister plus efficacement le coronavirus ?

Les tests PCR “ne servent pas à mesurer, mais à contenir l’épidémie”. Pour lutter au mieux contre la propagation du virus, “l’espoir se tourne vers la recherche, qui pourrait nous permettre d’ici à quelques semaines de disposer d’une nouvelle méthode plus simple plus rapide et plus largement diffusable sur le territoire”, a  déclaré le ministre de la santé. 

Ce nouveau type de test, dit sérologique, “sera complémentaire des tests PCR”, a annoncé le directeur général de la santé, dimanche 22 mars. Il s’agit de pratiquer un examen sanguin à la recherche d’anticorps spécifiques produits en réponse à ce nouveau coronavirus. “On prélève quelques gouttes de sang -comme lors d’une prise de sang classique- pour savoir si une personne a contracté le virus et si elle immunisée ou non”, explique le Dr François Blanchecotte.  

Sont-ils indispensables à la sortie du confinement ?

“Ces tests sont déjà utilisés en Corée et en Chine”, indique le l’expert. Selon lui, ce type de tests possèdent plusieurs avantages : non seulement le matériel nécessaire à leur réalisation est plus accessible, mais leur mise en oeuvre serait également plus rapide et moins coûteuse. Ainsi, la généralisation des tests sérologiques “permettrait de détecter les personnes asymptomatiques et de restreindre significativement la propagation du virus”.


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Ces tests pourraient donc permettre de limiter l’effet “rebond”, une fois le pic épidémique atteint, “mais il faut bien avoir conscience qu’ils ne remplaceront pas la vaccination” souligne le biologiste. En revanche, ils permettront d’accompagner un retour à la vie quotidienne en s’assurant que les personnes affranchies des mesures de confinement ne soient plus porteuses du virus. “Tant que l’on n’aura pas de vaccin, ces tests seront indispensables”, conclut le biologiste.

Chaque jour de confinement nous coûte, personnellement, mais aussi professionnellement et financièrement”. Pour espérer un retour à la normale le plus rapidement possible, la multiplication et la diversification des tests sont donc des enjeux essentiels. “La capacité journalière de réalisation des tests va ainsi augmenter”, a annoncé le ministre de la Santé.

Encore faut-il que cette volonté se traduise par des actes : “on a mis du temps à réaliser que le virus pourrait se propager en Europe et en France”, estime le Dr François Blanchecotte. “Désormais, dans certaines régions, c’est la course au matériel et aux réactifs“, pourtant nécessaires afin de protéger les professionnels de santé, les patients, mais également pour réaliser les tests en question, regrette-t-il.  

Les tests sérologiques seront-ils démocratisés ? Qui pourrait être testé ? Où ? Et par quel professionnel de santé ? Pour le savoir il faudra attendre les conclusions du Conseil scientifique, ce mardi 24 mars, dont le président, Jean-François Delfraissy, a déjà défendu la nécessité de tests massifs à la sortie du confinement. 

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