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Comment savoir si on a une fracture au pied ? comment la soigner ?



Des phalanges des orteils au calcanéum (os du talon), le pied humain compte 26 os. “Son architecture est très complexe : à l’avant du pied, les os sont sur un plan horizontal et à l’arrière, ils passent sur un plan vertical”, rappelle le Pr Didier Mainard, président de l’association française de chirurgie du pied (AFCP). Les métatarsiens et les os du talon supportent l’ensemble du poids du corps et sont capables de résister à une force considérable. Les orteils, eux, sont plus soulagés. 

En l’absence de déformation ou de fracture ouverte, on confond souvent la fracture avec une entorse. Pourtant, “tous les os du pied peuvent être fracturés de façon isolée ou multiple“, assure le Dr Marie-Aude Munoz, chirurgienne orthopédiste. Les fractures d’orteils et d’os métatarsiens restent les plus courantes. 

La très grande majorité des fractures au niveau du pied sont liées à des traumatismes. Il suffit parfois d’un trébuchement, d’un mauvais mouvement, d’une torsion de la cheville, d’une chute ou d’un coup de pied contre une surface rigide pour briser un os. 

“Plus on se situe à l’arrière du pied, plus il faudra un traumatisme important pour casser l’os, précise le Dr Munoz. On peut par exemple se casser un cinquième orteil en se tapant le pied contre une porte. Les os du milieu du pied peuvent être fracturés suite à un écrasement par objet lourd (une voiture nous roule sur le pied). Et à l’arrière du pied (talus, calcanéus), les fractures font généralement suite à une chute de plusieurs mètres.”

Le cas particulier des fractures de fatigue 

  • Les athlètes sont aussi à haut risque de fractures de fatigue (ou fractures de stress). Lorsqu’un os est sur-sollicité, de façon répétée et non-uniforme, il n’a plus le temps de se remodeler et peut se fissurer lentement, jusqu’à la fracture. 
  • Certaines fractures peuvent aussi être liées à une insuffisance osseuse (notamment l’ostéoporose) ou la ménopause. “Autour de la cinquantaine, les femmes sont plus sujettes à la formation d’hématomes intra-osseux pouvant conduire à des fractures”, indique la chirurgienne orthopédiste.

Quels symptômes signalent une fracture au niveau du pied ?

Le principal signe d’alerte est la douleur vive (parfois même syncopale dans le cas d’une fracture d’orteil). La présence d’œdème et d’hématome (d’abord rouge, puis bleu, puis vert, puis jaune) doit aussi alerter. “Si on n’a pas d’ecchymoses en surface et que la douleur passe assez vite, on peut être rassuré”, indique le Dr Munoz. 

D’autres indices témoignent d’une fracture :

  • une difficulté à bouger le bruit ou une sensation de craquement ;
  • un étourdissement ou une nausée suite à la blessure ; 
  • une difformité de l’orteil ou d’une zone du pied ;
  • une sensibilité inhabituelle au toucher de la blessure ;
  •  une difficulté à bouger le pied, à marcher, ou à s’appuyer sur le pied.

“Les fractures ouvertes sont plutôt rares. Elles surviennent surtout en cas de poly-traumatisme, d’écrasement ou de très haute chute, précise le Pr Mainard. Et d’ajouter : les fractures de phalanges peuvent être impressionnantes car l’orteil double de volume. Elles sont extrêmement douloureuses, mais elles ne sont pas forcément dangereuses. Il faut juste se méfier d’une déviation de l’orteil“.

Quelle que soit la localisation ou la gravité du traumatisme, les premiers réflexes restent les mêmes  :

  • appliquez de la glace sur la blessure (enveloppée dans un linge pour ne pas brûler la peau) ;
  • surélevez le pied autant que possible pour limiter la douleur pulsatile (sensation de battements douloureux liés aux battements artériels) ;
  • prenez un traitement antalgique et anti-inflammatoire (en l’absence de problèmes gastriques) ; 
  • reposez-vous et ménagez le pied jusqu’à ce que vous ayez consulté un médecin. 

Si vous suspectez une fracture de phalange, vous pouvez utiliser un orteil adjacent (non blessé) comme attelle : placez une compresse entre les deux orteils et solidarisez-les à l’aide d’un bandage. Cela permettra de limiter les mouvements de l’orteil blessé, et donc de réduire la douleur.

Suspicion de fracture : quand faut-il consulter un professionnel ?

Plus on avance vers l’arrière du pied, plus les experts conseillent d’aller voir un spécialiste : 

  • Si vous suspectez une fracture fermée au niveau d’un orteil et que celui-ci reste bien aligné, il n’est pas indispensable de consulter un orthopédiste. Une consultation avec un médecin généraliste vous permettra d’obtenir un traitement anti-douleur adapté. 
  • En revanche, si la douleur persiste et que vous soupçonnez une fracture au niveau de plusieurs orteils, du gros orteil, du médio-pied, ou du talon, mieux vaut consulter un orthopédiste ! “Il n’est pas rare que les patients consultent entre 3 et 6 semaines post-traumatisme. Cela peut poser problème si l’os a commencé à se consolider en position vicieuse”, indique la chirurgienne orthopédiste. 

Quels examens pour diagnostiquer une fracture du pied ?

Le diagnostic des fractures du pied requiert généralement des radiographies. Les radios des orteils sont plus rares car les fractures sont généralement bénignes. “On les pratique surtout si l’orteil est déformé, pour éviter que la phalange consolide en position vicieuse, ce qui entraînerait ultérieurement des conflits entre les orteils et pourrait gêner la marche ou le chaussage”, indique le Dr Mainard. Au niveau du gros orteil, en cas de traumatisme important, une radio est toutefois recommandée.

Dans le cas de fractures métatarsiennes, une radio permet d’éviter les complications ultérieures : “ces fractures peuvent être banales si elles sont isolées et non déplacées, mais s’il s’agit d’une fracture de la tête du métatarsien, il faut absolument vérifier qu’elle ne soit pas déplacée. Si elle consolide en position vicieuse, elle pourra être à l’origine de douleurs ultérieures, les métatarsalgies“, poursuit le spécialiste.

Une radio des métatarsiens permet aussi d’écarter deux cas de figures problématiques :  

  • la présence de fractures au niveau de l’interligne de Lisfranc (articulations tarso-métatarsiennes), qui peuvent s’associer à des luxations (déplacement de l’articulation nécessitant un scanner) , 
  • la présence de multiples fractures tarso-métatarsiennes associées à une fracture de l’arrière du pied (qui nécessite également un scanner).

Les fractures plus complexes, touchant les articulations (notamment les fractures de l’arrière-pied comme le talus ou le calcanéus) peuvent aussi être certifiées par une tomodensitométrie (TDM ou scanner), un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM). 

Le traitement des fractures du pied dépend de l’os fracturé, du type de fracture, mais aussi des attentes du patient, de son état de santé, de son mode de vie ou de son âge. Le traitement orthopédique est privilégié lorsqu’il n’y a pas de déplacement des os. Il consiste généralement à la mise en place d’une attelle (parfois d’un plâtre) ou à l’utilisation d’une chaussure ou botte conçue spécialement pour protéger le pied.

Comment soigner une fracture du doigt de pied ? 

Si l’orteil est déformé, l’orthopédiste peut éventuellement faire un geste pour le remettre en place avant de pratiquer une immobilisation relative en solidarisant deux orteils (syndactylie). Dans le cas du gros orteil, on peut également pratiquer une immobilisation. “Et si l’orteil n’est pas aligné, on peut faire une réduction de la fracture avant de la stabiliser”, précise le Dr Mainard. Des antalgiques et anti-inflammatoires sont prescrits contre la douleur.

Des bottes orthopédiques ou des chaussures de décharge partielle de l’avant-pied (la plus courante étant la chaussure de Barouk), peuvent aussi être recommandées, “mais elles sont souvent très volumineuses et peu pratiques, souligne le président de l’AFCP. Si la personne supporte bien la douleur et est capable de marcher appuyée sur le talon à l’aide de béquilles, elles ne sont pas forcément nécessaires”.

Comment soigner une fracture du métatarse du pied ? 

Le plus souvent, la fracture consolide sans intervention. En fonction du type de fracture métatarsienne (déplacement ou non), on pose plus volontiers un plâtre court. Objectif ? Maintenir le pied immobilisé le temps de la consolidation, soit au moins six semaines. Des antalgiques et anti-inflammatoires sont prescrits contre la douleur.

Comment soigner une fracture du talus ou du calcanéum ? 

Les fractures de l’arrière du pied sont plus délicates. Elles nécessitent l’expertise de professionnels aguerris. La solution conservatrice sans chirurgie consiste à immobiliser l’os touché à l’aide d’un plâtre. Des antalgiques et anti-inflammatoires sont également prescrits contre la douleur. L’intervention chirurgicale est recommandée en cas de déplacement et d’incongruence articulaire. 

Fractures du pied : quand faut-il opérer ?

Les fractures d’orteils nécessitent rarement une intervention chirurgicale. “Les radios des phalanges sont toujours très impressionnantes car les orteils sont des diaphyses (des os longs), précise le Dr Munoz. Mais les orteils s’opèrent très peu. Même si l’os s’est déplacé, ce qui importe, c’est l’aspect visuel : si l’orteil est bien placé ‘à l’œil’, il n’y a pas d’indication chirurgicale”.

En fonction du type de fracture métatarsienne (déplacement ou non)  une intervention peut être nécessaire. Le Dr Mainard relève un cas particulier : la fracture de la base du cinquième métatarsien. “Elle met plus de temps à consolider et se distingue très longtemps sur les radios”.

À l’arrière du pied, les fractures du talus ou du calcanéus sont très souvent articulaires et nécessitent une intervention chirurgicale. L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou locorégionale et dure entre une et deux heures. Après avoir remis les os en place, le ou la chirurgien.ne orthopédiste utilise généralement des vis ou des broches pour fixer les os (ostéosynthèse) dans la position adéquate afin d’assurer leur solidité durant la phase de consolidation. L’opération est suivie d’une immobilisation à l’aide d’un plâtre.

Une rééducation est-elle nécessaire ?

La rééducation des orteils n’est pas nécessaire. “Ils vont récupérer de façon intuitive, généralement en moins d’un mois”, assure le Dr Munoz. Si nécessaire, les spécialistes recommandent simplement de les mobiliser à l’aide de la main (auto-rééducation). 

Elle n’est pas non plus indispensable dans le cas de fractures du métatarse, “sauf s’il y a eu une longue immobilisation (plus d’un mois)”, précise le président de l’AFCP. 

En revanche, suite à une chirurgie dans le cadre d’une fracture du talus ou du calcanéus, elle est quasiment systématique. Le chirurgien prescrira des séances de kinésithérapie adaptées aux spécificités de chaque patient. 

Aucun traitement ne permet de faciliter ou d’accélérer la consolidation osseuse“, insiste le Pr Mainard. Évitez absolument de solliciter votre pied dans les jours qui suivent le traumatisme ou l’intervention du médecin et suivez à la lettre les recommandations de ce dernier. La reprise prématurée de vos activités ne fera qu’accentuer la douleur et altérer la guérison de l’os, mais une trop longue période de repos peut aussi être un facteur de déminéralisation et risque de ralentir la recalcification. 

Ne cherchez pas non plus à contraindre votre pied : portez des chaussures ouvertes, ou à défaut, très larges pendant le temps nécessaire. Si besoin, utilisez des béquilles pour décharger le pied blessé.

L’ alimentation aide-t-elle à la recalcification ? 

Les experts sont formels, en l’absence de pathologies osseuses, un régime alimentaire équilibré suffit à garantir la consolidation osseuse. “Si le patient présente un déficit en calcium ou en vitamine D, il est toutefois nécessaire de le compenser”, indique le Dr Munoz qui rappelle que pour se fixer sur les os, le calcium a besoin de vitamine D, synthétisée notamment en s’exposant à la lumière du jour. 



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